L’étonnée

Les mots

du poète en dentelles,
soulignent du bout des lèvres
la méli mélodie.

Les mots
salivent de sens;
au bout des pieds
épient les tons.

& puis le poète oublie
dans sa rage insouciante
arrimé à l’encre
alarmé par la rime.

Miirliiton


le ciel y déroulait
son grand bleu de noirceur
& l’homme au tronc de paille
laissa le soir venir.

On dira ce qu’on veut
du pas de l’armailli,
il reste solidaire
des âmes-galoches.

Les pieds tiennent du coeur
le chemin pour se rendre.

Caro line D.

Le chemin du retour

Le chemin du retour

À l’ombre des feuillages
L’origami d’éclats griffe le visage
& l’œil s’y nourrit d’étincelles.

Chaque pas à son ombre
Somnolant, la chaleur imprègne
La lumière y perce
une pluie de réveils.

Cachés dans le paysage
Abrités du passage
Des chants d’oiseaux
Complètent la perspective.

miirliiton


Ne pars pas, lui dit l’homme,
on y est sans ambages
& les bras restent grands de nos ensevelies
férues de vieilles amours.
Le nuage n’est encore qu’un coup de paysage
sur la toile dénuée de carmin.

Le grand allégorique
y trouvera bien son vent
& tes yeux s’y feront comme les miens.

Ne reste qu’à marcher à travers les prés-verts
dans les traces laissées par le bel oiseau blanc
qui a su le bonheur
au bruit qu’il y faisait.


Caroline D.

Le voyage du chat

Le voyage du chat

Costume d’apparat
Un frôlement de soie
Un velours de patte
Toujours dans les bras?

mirliton

Du temps qu’on existait à l’enseigne de la lune,
le chat se lovait là, du soir jusqu’à l’aube.
Avec mon pied fragile, mon coeur en boule de neige,
et un ciel de lilas sur ma robe de laine,
le chat le chat y trouvait mieux que moi
les matins clairs de bohème.

Caroline D.

Bleu nuit

Bleu nuit

« La nuit en courbe
dernière lumière de soleil
laissant entrevoir une lèvre rougeoyante
le paysage sombre & découpe le ciel
La forêt écoute
craque au moindre petit bois
Les sons semblent se répandre
À perte d’oreille,
Un bleu d’effroi
La nuit disparait sous un concert d’ombres
& me laisse le nez pointé vers les étoiles . »

Mirliton


« Quand tout à coup j’ai vu
les pieds de l’hirondelle
sur le ponton d’étoiles
que dessinait le soir,
un grand vent est monté
de mon sang d’amarante
& le ciel déversoir
a peint du fabuleux. »

caroline D.

La prisonnière

La prisonnière

Sur le sentier des jeux , tu la trouves prisonnière
Des garnements entonnent la victoire légendaire
Ils se couvrent d’une gloire sous couvert de poussières
& Les oiseaux interloqués se taisent au fond de la clairière.
Elle, elle ronge son frein:
« Vous allez voir un peu quand je me détache! »
Eux rigolent & préparent déjà la cavale.

Miiirliiiton


Ola!

va pas trop vite
c’est que l’histoire n’a plus d’endroit,
l’un n’y va plus & l’autre pas.
Un véritable imbroglio!
Regardes-y bien, la belle s’échappe
sur son cheval au petit bois.
Il tombe souvent d’un peu trop bas,
l’envers tournicoté du monde.

Caro line D.
Découpe

Tissus

Digit j’yb 2022

Reprendre le chemin étroit
de le fantaisie
Fouler ces foutaises d’envies
Tu l’oublies?
Dans la fente du lit
Un souvenir remonte
L’adorable parodie
Repasse, retrace dans les coussins
Son corps délié d’essences
Un parfum de sueur a gardé
Sa chaleur d’oreiller.

mirliTon

Plumes

Indiens

Plumes

D’une légère incision grise la page
D’un trait de plume libre d’espace
Découpes contre jour des visages
Trouve des plumes de passage

Drôle d’indien de rivage
Courir à tue-tête, dérape
Poursuite le long de la plage
Roulé de sable jusqu’à la vague
Éclabousses cavalcade

mirliton
Poussière

Carnet j’y beaujean juin 2022

Mica

Les paillettes sur ta peau

Au sable qui s’emporte dans un bouillon de vagues
La mousse déjà y brille mica
& fête sur ta peau comme un frisson d’éclats.

Quand ta vague arrive chavire
& roule rousse portée par le rouleau
Tu rives ton museau à l’écume,
T’enivres & de bruits & de flots.

Pendant que tu t’emplies
De la saveur des algues
Moi, noyé sous l’eau
Tranquille entre deux eaux
Je dérive & me laisse
enchainer aux épaves.

…mirliton…


Quand l’aube un peu s’oublie
au pied de l’arbre noir
Le sable mercenaire désarrime la vague


La grande eau sait bleuir
les désirs clairs de l’une


C’est cette chose, tu vois
par-dessus mon épaule
Un autre ciel, dit-elle
Du jamais vu


carOline D….

Les figures du crayon

Elle / dessin j’y beaujean 2022

De la figure

Que chaque geste prenne une tournure
L’allure d’un corps en mouvement
Lentement elle se retourne
Il est proche
Un grand dos troublant
L’axe s’y désarticule
La colonne monte de guingois
& lui donne l’air d’être dans le temps
Une figure qui tire d’une grimace
Un oh! T’es embêtant!

mīrLīTon
Crayon / j’y beaujean 2022

La mine descend d’aplomb
Pour faire belle averse
& glisse le crayon
vers un long creux de dos

Elle erre dans le dédale
Sans raison ni fanal
Mais cache quelques briques
Pour mater les bourriques !



caroline D.

Vénus dévêtue


Vénus dévêtue

La pose oblique oblige
à envisager une perspective.

L’œil décalé d’un spectateur
À la grise mine allongée,
accoudée,raz du plancher.

Par exemple, dos au parapet
Te mirer de la tête aux pieds
la nuit t’admirer au miroir
Rechercher tes coins secrets
Pour mieux te les dessiner.

mir Liton


Le vent se fait sentir, tu vois
c’est une histoire de nuit
Tout le bleu qui se mêle
d’une autre fin de jour

Sur les accords d’un dimanche
Même si l’oiseau chante bas
La belle l’y entend

Vers l’horizon du soir
son regard se tourne

On y sera à temps, dit-elle


… caroline D.

Icare

Peinture sur bois/ 66/122cm/ j’y Beaujean.

Icare
Nous ne saurons jamais
Qui de l’oiseau ou de la plume
Est à l’origine de l’invention du vol

Le paon en éventail,
Lourd dindon de la farce
S’admire en séducteur
Mais jamais ne se risque
Ailleurs qu’à son théâtre.

Icare, lui a l’âme légère
& l’envie , un jour, lui prend
de devenir nuage.

mirliton