L’appareil du conte

L’appareil du conte

(Mode d’emploi & boniment)
💥
Par exemple le conte de l’araignée tapie dans un coin,
l’air de s’ennuyer, récolte un brin de désordre
que le vent soulève, l’accroche en trophée à sa toile.
L’éphémère se vante de pouvoir rester
longtemps à califourchon sur le fil du temps
droit et ténu,accordé comme un rayon.
💥
Ce constellateur ( breveté SGDG) est un conteur d’étoiles
remplissant les secteurs d’un ciel d’allusions.
L’appareil retord l’espace d’un instant les distances
les unies en figures imitant la divination
& constructeur de graphes, compilateur d’histoires d’éléments,
il constitue la toile, la diffusion d’étoiles qui percent la nuit,
s’amuse à définir les contours des illusions
accélère les spectres des contes
& restitue en splendides fausses couleurs
le champ, le chant de l’indéfini silence de l’horizon.
💥
Mirliton
💥
(en vente dans nos rayons)


🌬

Sans oublier, cher Mirliton,
le vent levant.
Qui une fois devenu complice,
sans retenue ni faux-semblants,
se jette en vent d’avant quand il le faut
et de devant quand ça lui chante.
Toute histoire y sert son vent.

🌬
Sans son insistante caresse,
ses moments de douceur et de tourbillonnant,
bref, sans ses carillons entoilés,
la fable ne serait
que page entre les doigts.
Et qu’on ne s’y méprenne pas :
le vent saura y faire encore, le nez au ciel,
et hop! la bouteille.
Tout conte se raconte ainsi,
sans détour ni charivari.
Ou avec, c’est selon.

🌬
caroline D.
🌬

Le guetteur

Peinture sur bois j’y beaujean 2021
🦚
Le guetteur

Immobile au creux de l’ombre
un guetteur attend, le regard éloigné,
un mirage, un mouvement,un nuage,
de la poussière d’où se détache
l’approche d’une silhouette
l’œil déjà s’agite à la reconnaitre
& d’un geste il lui montre sa présence.

mîR Lìºí Töń

🦚
Et coup d’heur,
au bord d’os et de chants fignolés
dans les sables du temps
par des chants d’océan et de ciel,
le vent verse patience
en lieux de fer et d’ambre
pour que rien ne défasse l’aurore.


cArºLįnĘ Dº
🧚🏿

Kinklañ

🌑
« Ces ombres se figurent sortir, fuir du cadre
Un temps dans le faisceau d’un théâtre éclectique.
Elles gesticulent, s’activent à découper l’espace
& se figent en une pose, la figure agitée de grimaces. »
🌑
Mirliton

🌑
« Partout oui, les visages méfiants et les regards béants
Qu’on les orne de bleu et d’oeuvres gymnastiques
& que par la chimie – si incendiaire soit-elle –
s’ouvre le couloir vers le ciel. »

⚪️caroline D.⚪️

L’aplomb

L’aplomb
🐞
Sous un ciel de crevettes
Quel aplomb du soleil de nous faire de l’œil
Quand l’eau aux orteils est encore aux glaçons.
Dans les cabines nous échangeons nos maillots
& remontons la cote, frigorifiés.
🐞
mirliton

Plongez dans mes pensées!

Plongée dans mes pensées
🌑
« Je suis la Dame des eaux, encore ruisselante
Juste sortie des flots, encore frissonnante.
Chair de poule à l’appeau, sombre à l’appel.
J’ai la larme facile & la mine frêle . »
🌑
Mirliton
🌬
peinture / bois .
J’y beaujean.
83x123cm.
Mars 2021
⚪️
« Si je vous apparais, au final d’une esquisse,
le visage imbibé de ces encres d’abysses,
c’est d’y voir vos îles et vos amours enfouis.
Votre réveil est lent et la terre en pâtit. »
⚪️
caroline D.
⚪️

Sombre

« Les bulles du bathyscaphe tachent le soupirail,
Une idylle sous cape se mouille au paysage
& leurs pleurs de soupentes serpentent sur le village. »
🕸
Mirliton
🕸
photo j’yb
🕸

« Et d’y voir l’amitié en ces toits d’épousailles,
Les escargots d’épaule blottis à l’infini
& le ciel-coton voué aux barbouilles de saison. »

🕸caroline D.🕸

L’oiseau de nuit

L’oiseau de nuit
🌑
À la lampe, le livre ,
une « histoire de la nuit »
(Laurent Mauvignier)
m’entraine dans le silence.

Mais un souffle soupire
( vent fort, risque de bourrasque)
frappe au carreau*.
Dehors m’appelle &
la nuit noire scintille.

Moi, je sors & je fais l’engoulevent
J’avale la moindre brise.
🌑
Mirliton
🌑
*(Oh!Caro, t’inquiète, c’est l’épaisseur de l’air!)


⚪️
En équilibre sur le matin laiteux
la neige forme de grands bancs
immobiles et liquides

Sur le trottoir d’en face
des corps humains se glissent

Un seul moineau pour braver la blancheur
et avaler le froid brûlant
Mais il en viendra d’autres

En attendant, la nuit se repose
et l’engoulevent sans doute

⚪️caroline D. ⚪️

La nature du miroir

La nature du miroir
…………………………………………………………..
Qu’une eau se glisse comme une peau
Frissonne lisse à l’arrondi du paysage
Miroite en surface étendue d’éclair
Flotte à l’unisson du plat vif argent
& l’opaque mare se fige dans le miroir.
……………………….
Mirliton
…….

photo j’ybj 2020.
………….

La grande bleue

La grande bleue

……………..
Désert des eaux boréales où dérive une flottille.
Une femme d’un bleu d’aurore s’allume dans le noir.
Elle se grise d’éclairs , se baigne de néons
& se dévoile nue encore caméléon.
…………..
Quand l’aube éteint sa pâleur clandestine,
étendue sur le dos ,sans force, elle chavire
Éprise, elle caresse l’onde du bout des lèvres
Avant d’aller mouiller au fond de l’océan.
……………..
Mirliton
…………

Au tournant de l’aurore

De la vague calcaire,
et de loin, de très loin
jaillit l’âme de l’aube.
Mais qu’on y change de cap,
s’écria le marin,
je la vois qui me parle.
Il la vit qui peut-être
l’implorait du regard.
Ou ce n’était que sa manière
de lui chanter le monde..
🌑
………………………caroline D…………………..
..

IF, le temps suspendu

Le temps suspendu

Voilà un joli jour de pluie, murmura-t-elle,
en regardant d’en haut, le dos tourné,
l’eau qui rigolait jusqu’en bas.
C’est sûrement le chemin des choses, chuchota-t-il
⚪️
… ou voulais-je dire celui des roses?
Bah, je ne sais plus, mais chose certaine,
les gouttes s’y prennent à merveille
quand elles se pendent au fil du temps.
⚪️
La fille s’était tournée vers lui.
L’histoire pourrait commencer là, dit-elle.
Deux murs blancs à la chaux anglaise
et un tout beau de l’imparfait.
⚪️
Et lui de susurrer :
Qu’il ne vous en déplaise, l’amie
mais je mettrais dans cette histoire
un vieillard à lunettes
avec son cornet plein de glaise!
⚪️
Si, si, si.
Ça me va, lui dit-elle.
Et moi de mon côté j’y verrais bien un arbre,
un beau conifère à fruits rouges.
De la famille des Taxaceae…
⚪️
caroline D.
🌒

L’ondulée



L’ondulée

Pas bien commode de faire la belle
en soie sauvage & tweed.
Faut faire
Une démarche chaloupée en ligne,
la jupe volante au roulis langoustine.
🍏
Avec çà, un p’tit air alangui,
non,une moue,
Yeux fermés, bouche de spleen
& le reste naviguant à l’estime.
🍎
Mirliton
🍏

L’atterrage

Souli, Souli,
t’arrives d’où, dis-moi?


Ta façon d’être belle
Ta manière d’être bleue
De tendre chaque pore
Tout en fermant les yeux
Tu dégaines de la hanche


Dans ton rêve de mer
Serait-ce ton voilier
Là-bas au pont de rose?


Souli, Souli,
Tu t’en vas où, dis-moi?

🍏
caroline D.
🕳

À Urs Graf

à Urs Graf

⚪️
De la vigne couvre la page
Timide, tu t’accroches à ton âge.
Araignée, d’un fil
tu dessines une bouille bleue d’encre de stylo,
ta bille roule fine sur un papier lisse.
les traces passent au bord de l’eau,
un lointain bateau s’efface.
⚪️
« miRliton »
🎴
penchée en vague de
gravure
d’iris et de bois doux
elle met au monde un rêve
une rivière leste
aux berges d’argile tendre
son ventre est plein d’oiseaux
le temps a fait son nid.
🎹
caroline D.
💎

L’effacée

L’effacée

Elle se détache de l’ombre de la salle,
nue comme un ver luisant.

Mon souvenir s’enveloppe d’elle,
son parfum me reste longtemps.

Elle se drape de noir sous la cendre,
auréoles pointées en avant.

Lente ,elle traverse sa toile
la veuve, ce soir m’attend.

[mirliton]
🦚
C’est qu’elle fait fi de la bêtise
collant son âme à celle du vent
environnée par ce qu’elle sait
être l’écho de ce qu’elle sent

⚪️
C’est de la vie dont elle se vêt
et s’approche sans peur
que par la grâce se dévoile
le bleu des femmes hirondelles.
🦚
]caRoline D.
[

L’interligne

L’interligne

Une bande pointillée,
du sable et des cailloux,
sépare la terre de l’eau.
*
*
Sur cet interligne s’installe
une société de corps joueurs
dévoilant les limites du dénudé,
des enfants limicoles pataugeurs,
un sable qui dégorge & s’enfonce.
*
*
l’écume lèche les pieds des marmots
& l’escalade des rochers amène
jusqu’au moindre trou d’eau
où s’agitent berniques & bigorneaux.
*
🚣🏽‍♀️Mirliton🚣🏼
*
Il ne se passe d’instant
sans que la vie dessine
un instant sur le jeu
dans l’éclat des grands sables

*
Il ne se passe de vie
sans que les corps chahutent
d’entre les grains de mer
et l’or des profondeurs

*
De quoi se mélanger
aux grandeurs illisibles
et sourire devant
les horizons béants.
**
caroline D.
**

💎