Les danseuses du sillon

Les danseuses du sillon

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Les drôlesses s’égaillaient dans la nature,
pareilles à des oiseaux, à même le sillon,
arrachant d’une soif irrépressible
les mauvaises herbes, les chardons.
Une glaise collante que l’on malaxe
sous les pieds en faisait un plaisir attachant.
~
La confession du soir à la badine
ne permettait pas toujours de tout dire.
Sous la capuche, elles durent rire,
mais à la réflexion, prises de remords
comme soumises à un désir solitaire,
elles se forçaient à se tordre les mains.
~
}L’ancien Mirliton{
~
Le goudron avec ça.
Les confessions qu’on tait,
trop gluantes qu’elles seraient
pour les oreilles tendres.
Or si l’on doit tant s’y taire,
aussi bien s’égayer, disent-elles.
Bien enfoncer les pieds,
et le corps s’il y tient,
dans le matin venant.
~
°caroline D.°

Copieur!

Photographié
Par dessus l’épaule
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Page blanche
pointe fine
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En traits
Une mine noire gratte en lacet
Entrainé au passage des nuages
La figure s’imagine lui ressembler
La main gauche sculpte le virage
Le papier freine le dérapé
Un drapé doux de visage
N’est pas un front fripé.
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Mirliton
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*
On copie qui
On copie quoi
Et la trace
Monte, monte
Les yeux fermés
Tu l’y trouveras
Mine, mine
Cherche, cherche
Ce qui s’y trouve déjà
~
Caroline D.
~
*

Breloque

Breloque
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Ailé en or serti,
Bronzé pale vert de gris,
Tu t’acquittes de ta tâche
Taquines, troubles & grelottes.
~
Ton pendentif actif balance,
Se glisse sous la chemise.
~
Accroché à sa chaine
Comme un lépidoptère,
Il dessine la lumière
Qu’un décolleté attise.
~
Mirliton

Ivre ouvert

eket

Dame de coupe

Distinguer, ivre les nuances

Comme dans son iris sans fin, voir

Le malin plaisir s’y glisser, un sourire me tente

& alanguit au creux de ta fourrure, j’y

Respire et goûte le piquant parfum musqué.

Comment ne pas se tenir plus près , à toucher,

Oubliant la distance, la salle est noire de monde

Quand l’écran scintille, s’éclairent les pupilles,

L’histoire est aux reflets. Je te regarde rêver.

Livrée au regret, à l’oubli fané

Comme la fleur séchée d’un souvenir cassé,

Écrasée, l’auréole marque à ta robe froissée

Un brillant de larmes échappées, délaissée.

Inquiet, tu la vois s’écarter, rouler de coté,

Elle n’aime pas, plus, évite même d’y penser,

Se cache de peur d’espérer d’autres baisers,

Elle en oublie sa peau hier encore à fleur de caresses.

Mirliton 2016

ombre & miel

Aux Associés du Regard